Articles du festival 2010
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11 août 2010: Article Var-Matin sur Ilya Rashkovskiy

4 août 2010: Article Var-Matin Augustin Voegele

2 août 2010: Article Var-Matin Stephanie Proot

Article dans le Var-Matin du magnifique récital d’Anne Queffélec

27 juillet 2010: Article Var-Matin Anne Queffélec

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Le festival des “Nuits du Piano” se déroulera dès à présent au sein d’une ferme fortifiée templière, dans une cour carrée nouvellement restaurée à Château Réquier. Ceci permettra d’accueillir un plus grand nombre de spectateurs. L’acoustique s’est révélée particulièrement belle lors du concert d’ouverture d’Anne Queffélec, le public a pu apprécier ce magnifique volume entièrement ouvert sur la voûte étoilée.
Article Publié par la Lettre du Musicien
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Aux enfants doués
Entretien avec Rena Shereshevskaya, pianiste et pédagogue
Entrée a l’école pour surdoués de Moscou a l’âge de 6 ans, Rena Shereshevskaya en est sortie a 17 ans. Entourée depuis toujours d’enfants ayant les mêmes intérêts qu’elle, elle côtoie aujourd’hui les jeunes surdoués en tant que professeur.
Ces enfants qui, des l’âge de 4 ou 5 ans, expriment une vocation peu ordinaire sont-ils de “petits génies”?
Non, pas forcement. A l’école pour enfants surdoués a Moscou, il y a environ six cents élèves, mais il n’y aura parmi eux qu’un seul Evgueni Kissin, un seul Mikhai’l Pletnev, un Maxim Vengerov et un Vadim Repin. Les autres sont tout de même des enfants hors du commun. Us sont passionnes par la musique et, des le plus jeune âge, ils sont en mesure de dire: «Je veux devenir un vrai musicien (sous-entendu: professionnel).» Ils sont prêts a un énorme travail pour atteindre leur but. Essayez seulement de les priver des heures qu’ils passent devant leur instrument! Ce serait comme si on leur arrachait des mains leur livre préféré et bien plus encore.
Etre surdoué en musique, est-ce bien considéré en France?
Apres toutes ces années passées en France, je peux dire qu’il y a beaucoup d’enfants surdoués ici, pas moins qu’en Russie, et même peut être plus, mais l’essentiel est de savoir les détecter avant qu’il ne soit trop tard pour les aider a réaliser leur rêve. En France, si un enfant est passionne par la physique, les maths ou la littérature, c’est un phénomène tout a fait normal, compris par la plupart des adultes et qui suscite le respect. Etrangement, lorsqu’un enfant évoque la musique, il n’est souvent pas pris au sérieux par les adultes, parents, ainsi que les professeurs qui 1′entourent.
Cela lui pose-t-il un problèmes a l’école?
Malheureusement, la plupart du temps, oui. L’école en soi ne pose pas de problème, bien au contraire. Elle permet aux enfants de s’ouvrir socialement, mais, pour cela, il faut que les enfants surdoués - quel que soit leur domaine - se sentent a 1′aise et bien dans leur peau. Nous pouvons évoquer, bien sur, la question de trouver le temps pour faire du piano, mais ce problème se régie lorsqu’on sait bien organiser son temps. La plupart de “mes” enfants vont a l’école normalement, d’autres se tournent vers le système des cours par correspondance (CNED). Le problème réside dans le fait qu’a l’école, malheureusement, les enfants surdoués sont souvent victimes d’incompréhension et de moqueries de la part de leurs camarades, et se renferment sur eux-mêmes au lieu de s’épanouir.
Comment cette incompréhension se manifeste-t-elle ?
Une de mes étudiantes, qui est déjà pianiste professionnelle, m’a raconte qu’étant considérée comme surdouée a l’école, elle a été exclue de son école primaire: les parents des autres enfants trouvaient qu’elle les décourageait et les empêchait de se développer a un rythme normal.
On a aussi du mal a croire que des enfants de 8 ans puissent être surs de leur vocation.
Voici quelques autres exemples vécus: lorsque ma propre fille, en classe de 6e, a dit a son professeur de musique qu’elle ne pourrait pas venir en cours en raison d’une répétition pour son examen de piano, il lui a répondu: « Tu feras de la musique quand tu auras 20 ans, maintenant il n’y a que l’école qui compte.» Un autre de mes élèves a beaucoup souffert au collège; deux situations ont été décisives dans sa décision de quitter l’école pour le CNED. A 10 ans, il a demande a être dispense d’une manipulation délicate en technologie la veille d’un concert. Le professeur a convoqué le père qui a tente de lui expliquer que son fils était un enfant un peu différent des autres en raison de son travail quotidien et intensif du piano. Le professeur a répondu que 1′école accepte la différence, «puisqu’on accepte les handicapes». Parmi les réflexions blessantes, on peut encore citer celle d’un professeur d’histoire:« Si tu tombes dans les escaliers, il faut que tu tombes sur tes oreilles et pas sur tes mains, sinon tu ne pourras plus taper sur ton piano…» Enfin, un autre a du quitter le lycée en lre, «rejeté» par son professeur de français qui, après lui avoir demande ce qu’il voulait faire plus tard, n’arrivait pas a comprendre une réponse aussi incongrue que “pianiste” et 1′avait repris trois fois en disant:« Oui, ça, j’ai compris, mais quel métier veux-tu faire ? »
Comment expliquer ce phénomène?
Les enfants surdoués murissent bien plus vite que les autres enfants de leur âge. Le fait d’avancer dans le répertoire musical les amène a jouer Bach, Chopin, Brahms, Schubert, Mozart ou Beethoven… Se pose alors la subtile question d’interprétation qui exige d’eux une perception adulte du monde. Us rencontrent a travers la musique les questions de la vie et de la mort, du bonheur ou de la tragédie, de 1′amour ou de la trahison, de la nostalgie, du burlesque, de la satire, du sarcasme… bref, l’expérience humaine qui leur donne une maturité précoce. Alors que la plupart des enfants de leur âge lisent des BD, des contes, la littérature d’enfants, les surdoués sont attires par une littérature plus avancée, ils ont leur monde propre; leurs intérêts ne sont souvent pas les mêmes que ceux des autres enfants. Aussi sont-ils souvent incompris par ces derniers et ils n’inspirent pas confiance a certains adultes qui ne les comprennent pas.
Sont-ils déconnectés de l’enfance?
Ce sont des enfants comme les autres, qui profitent pleinement de leur enfance. Ils sont très intéressants, très ouverts a différents domaines artistiques ou autres, comme les langues ou le sport. Comme tout le monde, ils vont au cinéma, au théâtre, organisent des fêtes… Ils ne sont pas renfermés et ils ne sont surement pas prives de leur enfance, bien au contraire. Par contre, ils peuvent devenir asociaux si on les empêche de vivre leur passion.
Le professeur qui les entoure doit-il avoir des compétences particulières?
Faire travailler ces enfants exige beaucoup d’implication, de la patience et une grande réflexion pédagogique. II faut amener ces élèves au grand répertoire, que le professeur doit bien connaitre, sans faire de concession par rapport au résultat, quel que soit leur âge, mais surtout avec beaucoup d’amour et de patience. II faut savoir les doter des moyens nécessaires pour aborder une interprétation, leur expliquer comment obtenir une image ou exprimer un sentiment. II faut savoir mettre en symbiose les différents arts, montrer que tout est important: le regard, le geste, le corps, la capacité de se métamorphoser (théâtre), posséder les différentes couleurs du son (peinture), savoir créer la phrase avec la bonne ponctuation pour pouvoir raconter une histoire (littérature). Si tous les bons interprètes ne sont pas forcement de bons pédagogues, un bon professeur ne peut pas être un mauvais interprète. Neuhaus disait que le rôle du professeur est de prendre l’âme de 1′élève et de la lui rendre enrichie.
Quelle serait pour eux l’école “idéale”?
Des premiers pas ont été faits avec la création de classes à horaires aménagées dans les collèges ou lycées. Mais pourquoi ne pas prendre 1′exemple des écoles de musique pour surdoués, en Russie, ou toutes les matières d’enseignement général, obligatoires, sont imbriquées dans le cursus musical ? Les professeurs, quelle que soit la matière enseignée, connaissent les exigences de ce type d’enfants. Les jeunes sortent de ces écoles avec un bac musical et général en poche et si, pour une raison ou pour une autre, ils souhaitent s’engager dans un autre domaine, leur diplôme leur permet de se présenter dans une autre filière ou a la faculté.
Où en est-on actuellement en France?
Au moment ou se font différentes reformes, la question des enfants surdoués n’a malheureusement pas encore été posée a haute voix, alors que de nombreux musiciens, parmi mes collègues, sont touchés par ce problème. Chaque enfant doué perdu est une perte pour son pays.
Diplômée du Conservatoire de Moscou avec les plus hautes distinctions dans toutes les discipline (soliste, chambriste, professeur), Rena Shereshevskaya obtient ensuite le diplôme doctoral d’enseignement et d’interprétation, qui lui a permis de rejoindre l’équipe des professeurs dans la célèbre Ecole centrale de musique pour enfants surdoués auprès du Conservatoire Tcha’ikovski de Moscou ou elle a enseigné pendant onze ans. En 1991, invitée en qualité de chef de département a l’Académie musicale et pédagogique Ippolitov-lvanov de Moscou, elle enseigne aux master-classes lors du Festival international de Colmar (direction artistique de V. Spivakov) de 1990 a 1993. Invitée au Conservatoire de Colmar en 1993 et au CNSMD de Paris de 1994 a 1998, elle enseigne depuis lors en France. PIANO n°18 2004-2005 (Hors-série de “La Lettre du musicien”) 93
Nouvelles Prométeuses pour le Festival
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Patrice Moracchini, Roland Voegele, Augustin Voegele et Rena Shereshevskaya
Cette année a vu la présentation à l’école Normale de treize candidats au concours du diplôme supérieur de concertiste, distinction ultime de cette école. Six ont obtenu le concours dont le pianiste Augustin Voegele ainsi que Stéphanie Proot. Cette réussite est d’autant plus remarquable qu’ils sont tous deux âgés respectivement de 19 et 22 ans. Nous pouvons dire qu’ils ont vraiment démontré des qualités musicales exceptionnelles et fait preuve d’une maîtrise technique impressionnante. La pianiste Stéphanie Proot vient d’être également sélectionnée au déroulement des épreuves du concours Reine Elisabeth.
Nous avons aussi le grand plaisir de vous annoncer que la pianiste Ecaterina Baranov qui avait été choisie pour ouvrir la saison 2009 du premier festival de piano des “Nuits de Cabasse” et sur laquelle j’avais fondé beaucoup d’espoir vient également d’obtenir le diplôme supérieur de concertiste à l’unanimité et avec les félicitations du jury. Un grand bravo également au pianiste Guilia Katsarava, professeur à l’Ecole Normale de Musique de Paris et qui a vu la réussite de tous les élèves qu’il a présentés au concours du diplôme supérieur de concertiste. Je pense que nous entendrons à nouveau parler de ce pianiste d’exception puisqu’il devrait se produire en récital aux “Nuits du Piano” à Château Réquier lors de la saison 2011.
Patrice Moracchini
